Covid-19 : analyser les fragilités de notre système alimentaire

Covid-19 : dès maintenant, préparer l’après-crise (partie 2/3)

22 juin 2020

Barthélémy Chenaux, agronome
Romain Dureau, agroéconomiste

Basiquement, la crise du coronavirus est ce grain de sable que beaucoup redoutaient, et qui vient bloquer les engrenages d’une économie agricole fortement dépendante des marchés internationaux, pour son approvisionnement comme sa commercialisation. Cette fragilité – qui était latente et ponctuellement mise en lumière par des crises sectorielles – est désormais en plein jour.

Quels sont les impacts de cette crise sanitaire globale sur notre système agricole ? Didier Guillaume a appelé l’« armée des ombres » (sic) à aller travailler dans les champs pour répondre au manque de main d’œuvre étrangère habituellement employée lors des pics saisonniers. L’agriculture française est fortement intégrée sur les marchés internationaux, ce qui, en période de crise globale, n’est pas sans conséquence.

Nous le voyons : le seul exemple du manque de main d’œuvre sur les fermes françaises suffit à démontrer que notre système alimentaire comporte des fragilités inquiétantes, qui sont aujourd’hui mises à jour par la crise induite par la pandémie de Covid-19, mais qui étaient latentes depuis de nombreuses années.

Manque structurel de main d’œuvre agricole

Entre 40 000 et 280 000 saisonniers travaillent chaque année dans l’agriculture, ce qui représentait 15,4% de la main d’œuvre agricole en 2016[1]. Parmi eux, 40% environ sont des saisonniers étrangers[2], soit environ 100 000 personnes, avec un nombre croissant sous statut de travailleurs détachés : ils étaient 67 601 en 2017 (contre 26 000 en 2016), principalement en viticulture, en maraichage et arboriculture, mais aussi en grandes cultures et production ovine, en moindre mesure. Ce recours au travail détaché est en forte hausse dans le secteur agricole : on estime que cela représente un total de 550 000 jours de travail détaché par an[3]. Ces travailleurs, venus du Portugal, de Pologne, d’Allemagne, de Roumanie, mais aussi du Maghreb et d’Amérique latine, n’ont pas un contrat de travail français, puisqu’ils sont employés par une entreprise installée hors du territoire national, et n’ont donc pas les mêmes droits que les travailleurs embauchés en France. Ils ne paient également pas les cotisations sociales en France, mais dans le pays où a été signé leur contrat. En Roumanie, par exemple, les cotisations sociales ont quasiment été supprimées. La conséquence est bien sûr l’absence de protection sociale pour les travailleurs. Nous savons également que le statut de travailleur détaché est propice à de nombreuses fraudes et dérives. C’est ce que met en lumière le bilan intermédiaire 2018 du Plan National de lutte contre le travail illégal[4]. Ces détournements concernent soit le recours à une activité régulière qui ne devrait pas relever du travail détaché, soit le non-respect du droit du travail minimum français. 11% des exploitations agricoles contrôlées étaient en infraction. La profession dans son ensemble s’est engagée à améliorer cette situation, mais c’est en réalité le travail détaché lui-même qu’il faut remettre en cause. Or, la « libre-circulation des travailleurs » est inscrite dans le traité de Rome de 1957, et la directive européenne sur le travail détaché organise honteusement ce dumping social au sein du marché unique. Profiter du déracinement d’un travailleur agricole est un comble inacceptable.

L’agriculture a, depuis la deuxième moitié du XXe siècle et la mise en œuvre de la « deuxième révolution agricole des Temps modernes », perdu plusieurs millions d’emplois dans les secteurs de l’agriculture. Alors que l’agriculture représentait plus de 20% des actifs du pays en 1950, elle en représente aujourd’hui que moins de 3%. Ces 15 dernières années notamment, l’agriculture a perdu environ 350 000 actifs permanents[5]. En 2016, l’emploi agricole correspondait à 564 000 exploitants et co-exploitants agricoles, 191 000 salariés permanents. L’INSEE estime qu’en moyenne, chaque jour, 110 000 saisonniers sont actifs dans le secteur agricole[6]. En 2016 toujours, l’agriculture employait 149 000 salariés saisonniers et/ou temporaires avec une hausse des travailleurs saisonniers (+3 % depuis 2010).

L’évolution historique, depuis les débuts de la deuxième révolution agricole des Temps modernes, mais aussi l’évolution récente de la structure de l’emploi agricole et de ses caractéristiques (productivité du travail, part de l’emploi permanent et de l’emploi saisonnier, part du travail détaché) démontrent que ce manque de main d’œuvre agricole est pour partie structurel, ce qui est d’autant plus évident lorsque l’on connaît le rythme de travail effréné de nombreux agriculteurs. Les agriculteurs qui recours à l’emploi de travailleurs détachés argumentent souvent qu’ils ne trouvent pas cette main d’œuvre en France. C’est étonnant dans un contexte de chômage de masse, et cela en dit long sur la perte d’attrait des métiers de l’agriculture, ou du moins de certains modes de production qui sont aujourd’hui décriés. Ainsi et d’une part, si les contrats saisonniers sont indispensables à l’agriculture (notamment en production de fruits et légumes), ils pourraient être moins courants et massivement employés qu’aujourd’hui, notamment dans l’objectif d’un meilleur partage du travail. D’autre part, l’agriculture – et notamment celle reposant sur les principes de l’agroécologie – pourrait créer 300 000 emplois permanents si les politiques publiques l’accompagnaient dans ce sens. Cela passe par une revalorisation des métiers de l’agriculture : développer un espace rural agréable à vivre, notamment en développant des services publics, assurer une digne rémunération du travail paysan, permettre l’accès plus facile à un service de remplacement pour prendre des vacances, assurer la formation initiale et continue des futurs agriculteurs… Il y a une volonté assez puissante dans la société d’un « retour à la terre », et donc potentiellement une main d’œuvre disponible pour travailler dans les champs. Toutefois, ces « néo-paysans » ont également la volonté d’une autre agriculture, plus écologique et produisant pour les besoins locaux de la population. Si le secteur veut attirer de nouveaux paysans, il doit aussi accepter de se transformer. L’agriculture peut et doit créer massivement de nouveaux emplois paysans, permanents et saisonniers, si elle veut relever les défis posés par la relocalisation écologique de notre production alimentaire. Cela appelle à une meilleure création et un meilleur partage de la valeur ajoutée au sein du système alimentaire.

Dépendance aux marchés internationaux et souveraineté alimentaire

La crise induite par le Covid-19 affecte également le fonctionnement des marchés agricoles. L’agriculture française et européenne est totalement inscrite dans les règles du commerce international édictées par l’OMC, et fait l’objet d’accords de libre-échange bilatéraux supplémentaires (CETA, Mercosur…). Notre économie agricole est dépendante des marchés internationaux, que ce soit pour son approvisionnement ou la commercialisation de ses produits. Les biens agricoles sont devenus une monnaie d’échange sur ces marchés, ce qui a fait perdre de vue le caractère essentiel et stratégique du secteur agricole.

D’un côté, les productions qui sont fortement intégrées sur les marchés internationaux et destinées à l’export, telles que les vins (30% de la production exportée) et spiritueux, les céréales (50% du blé exporté) ou les produits laitiers (10% de la production exportée), se retrouvent confrontée à la perte de débouchés ou la diminution de la demande mondiale. C’est le cas de la poudre de lait exportée en Chine ou encore du porc et des broutards exportés en Italie. Dans ce cas, celui des broutards, les jeunes bovins sont exportés vivants en Italie, où ils sont engraissés : le fait de ne pas pouvoir les vendre et de les garder plus longtemps sur la ferme augmente les coûts de production pour les éleveurs, coûts qui ne seront très certainement pas compensés par un prix de vente plus élevé après la crise. De l’autre côté, nous l’avons vu, les producteurs engagés dans des circuits de proximité (vente directe, notamment en maraichage) sont également concernés par la réduction du nombre de marchés locaux, seuls 35% d’entre eux étant ouverts à cette heure. Certains paysans ont toutefois trouvé d’autres manières de commercialiser leur production, bénéficiant de la plus forte adaptabilité de leurs systèmes agricoles.

Les filières d’élevage sont déstabilisées par les effets induits du coronavirus. La perte des débouchés en Restauration Hors Domicile (RHD) n’est pas contrebalancée par la hausse des achats des ménages, qui s’orientent vers des produits différents. Cette baisse des abattages ainsi que la diminution des importations n’ont pas évité la chute des prix des vaches laitières, ce qui pèse à la baisse sur l’ensemble du marché de la viande, sans pour autant que les prix en rayons n’aient été affectés[7]. La principale difficulté semble reposer sur le déséquilibre de valorisation des différents quartiers des animaux abattus, notamment ceux qui étaient habituellement exportés : le cours des jeunes bovins est en baisse, et le nombre d’animaux abattus est plus faible qu’à la même période de l’année passée. Seule la demande italienne semble se maintenir, les autres exports, notamment vers les pays tiers, diminuent. Ces modifications dans la structure des marchés internationaux avaient conduit la FNB[8] à demander au Ministre de l’agriculture la mise en place d’un prix minimum payé aux éleveurs équivalent au coût de production (4,89€/kg), alors que fin mars 2020 les animaux étaient vendus « à un prix inférieur d’1 euro du kilo, en moyenne, à [leur] coût de production », soit 3,71€/kg[9]. Cette proposition d’une intervention publique forte est plus que bienvenue, ne serait-ce que temporairement. En effet, en termes de rapport de force, ces situations sont plus que défavorables aux éleveurs : d’une part, à court terme, la baisse de la demande à l’export n’occasionne pas de hausse de prix payé à l’éleveur, et le report de la consommation domestique vers des viandes françaises cache une disparité de valorisation des différents morceaux ; d’autre part, une fois les bêtes arrivées à leur poids de vente, allonger leur durée de séjour sur l’exploitation revient à augmenter le coût de production, ainsi que les risques de frais vétérinaires supplémentaires. Le gouvernement n’a donné aucune réponse à la demande la FNB, ce qui a conduit la Fédération à appeler les éleveurs à garder leurs animaux sur les fermes : de toute évidence, seule une action collective et solidaire de la profession est à même de mettre une pression suffisante sur les intermédiaires. Cet appel a été rejoint par les Jeunes Agriculteurs et la Confédération Paysanne. Précisons cependant, comme le mentionne la Confédération Paysanne dans son communiqué, que ces propositions de régulation des marchés agricoles (prix minimum et volumes) devront être portées au-delà de la période présente : il n’est pas du tout étonnant d’observer une inadéquation des prix avec les dynamiques d’offre et de demande sur les marchés agricoles, cette sous-rémunération des produits agricoles étant structurelle, et non spécifiquement liée aux effets du coronavirus.

De plus, si nous produisons et exportons de manière importante des excédents pour certaines denrées (vins et spiritueux, céréales, produits laitiers), nous sommes également dépendant des importations pour plusieurs produits indispensables. Un rapport d’information du Sénat en date de mai 2019 estime que nous importons environ 20% de notre alimentation[10]. Cela concerne principalement les fruits et légumes (50% sont importés, pour un coût de 2,5 à 3 milliards d’euros), la viande de porc (25% importés), la volaille (34%), la viande bovine (environ 30%), la viande ovine (50%) mais aussi les aliments pour les animaux d’élevage (3 millions de tonnes de soja importés d’Amérique latine chaque année). Nous ne parlons pas là de produits annexes, mais de produits de consommation quotidienne. Cette dépendance aux importations pose enfin la question de la traçabilité de la production. Il est estimé que 10 à 25% des importations ne respecteraient pas les normes sociales, sanitaires et environnementales françaises. Nous voyons aujourd’hui le danger que représente cette dépendance aux marchés internationaux sciemment organisée : notre souveraineté alimentaire – comprendre : pour les denrées alimentaires de consommation quotidienne – a été perdue du fait de choix politiques contraires à cet intérêt fondamental de la Nation. Nous alertons sur l’importance de réfléchir désormais à une véritable politique d’indépendance et de sécurité alimentaire : qu’arriverait-il si, pendant plusieurs mois, les échanges internationaux et intra-communautaires devaient être stoppés ? Nous ferions face à un risque effectif de pénurie pour un certain nombre de produits agricoles, notamment les oléo-protéagineux et les fruits et légumes, produits indispensable à une alimentation équilibrée. Une telle situation de dépendance alimentaire n’est pas acceptable, d’autant plus qu’elle n’est en aucun cas une fatalité, mais le résultat de politiques délibérées et fondées sur des dogmes avec lesquels nous devons rompre d’urgence.

Assumer une rupture avec les dogmes libéraux

Comment en est-on arrivé là, alors qu’il y a 30 ans, par exemple, nous étions autosuffisants en fruits et légumes ? L’idéologie libérale, et notamment la théorie des avantages comparatifs de David Ricardo, est passée par là. D’après cette théorie, un pays aurait intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquels il a le plus d’avantages comparativement aux autres productions, et à importer ce qu’il ne produit pas. La France a ainsi volontairement délaissé certaines productions (maraichage) pour se concentrer sur d’autres (céréales, viande bovine, lait) afin de les exporter. Nous avons perdu notre capacité de production de fruits et légumes, et les importons désormais d’autres pays de l’Union Européenne (Espagne) ou non (Maghreb). Or, nos sols et nos paysans pourraient parfaitement produire ces fruits et légumes que nous consommons. La seule raison qui rend les pays mentionnés plus « compétitifs » que la France est un travail moins bien rémunéré, des conditions sanitaires et environnementales de production peu enviables (usage massif de plastiques et de pesticides) et un coût de transport faible (prix du pétrole). Or, en production de fruits et légumes, le besoin en main d’œuvre est environ 10 fois supérieur à la moyenne du secteur agricole. La main d’œuvre constitue le premier poste de dépense des exploitations maraichères. Par exemple, le travail en Espagne « coûte » 1,7 fois moins qu’en France. On comprend mieux la difficulté de ces exploitations à être compétitives, d’autant plus qu’elles ne touchent que peu d’aides européennes, car celles-ci sont réparties au prorata de la surface et ne tiennent aucun compte de l’emploi.

L’absurdité de ce système réside aussi dans la destruction des systèmes alimentaires locaux au profit de grandes filières mondialisées. Les produits agricoles sont transportés d’un bout à l’autre du continent et du monde, et font parfois de nombreux va-et-vient : un porc né ici, engraissé là, abattu ailleurs, transformé et conditionné autre-part, pour finalement revenir en France pour être commercialisé. La France a perdu de vue l’essentiel, qui est de produire pour nourrir sa population, en rapprochant les lieux de production et de consommation. La spécialisation exacerbée des exploitations agricoles et des territoires au nom des avantages comparatifs, le manque de diversité agronomique et alimentaire, fragilise notre système agro-alimentaire. L’avenir sera fait d’une stratégie d’indépendance nationale vis-à-vis des importations pour les produits de base. Il est indispensable de relocaliser l’ensemble du secteur, de la production agricole à la transformation. La production agricole française stagne mais demeure largement suffisante pour nous nourrir et assurer notre souveraineté alimentaire.

Pourquoi les gouvernements successifs ont-ils cependant refusé d’agir réellement dans ce sens, préférant le marché unique européen et les accords de libre-échange ? Ils n’ont de cesse, depuis des années, de nous vendre la France comme une « puissance agricole », exportatrice, parfaitement intégrée sur les marchés internationaux. L’agroalimentaire serait ainsi indispensable à l’équilibre de notre balance commerciale. Le solde agroalimentaire du pays est certes positif et se place en 3e position. Il est cependant aujourd’hui relativement faible (6,8 milliards d’euros en 2018) et a surtout été divisé par deux entre 2011 et 2017. La France ne parvient en réalité pas à conserver ses parts de marchés tant la compétition mondiale s’exacerbe et les prix internationaux sont faibles et volatiles. Il est ridicule d’imposer à l’ensemble de notre production les prix des marchés internationaux qui ne concernent pourtant que 15% des échanges. A moins d’accepter de produire n’importe comment, dans n’importe quelles conditions sociales et environnementales, nous n’avons plus d’intérêt à participer à cette concurrence mortifère. Cela est d’autant plus vrai que l’essentiel de notre excédent commercial agroalimentaire repose sur des produits sous signe de qualité, à forte valeur ajoutée, tels que les vins, le cognac, les fromages, et non sur des produits standards (poulets de batterie, porc industriel, céréales conventionnelles…). La force de notre agriculture à l’export ne reposera jamais positivement sur une « compétitivité-prix » mais au contraire sur la différenciation, la qualité et la typicité de nos produits de terroir.

Anticiper l’après Covid-19

L’intrication des économies à l’échelle planétaire est désormais telle un réseau de chemin de fer : une crise peut en cacher une autre. En effet, au niveau mondial, la récolte 2020 de céréales devrait être la « la deuxième plus grosse récolte jamais enregistrée » d’après le CIC, avec un total de 2170 millions de tonnes[11]. La baisse de la production de maïs est visiblement moins importante que prévue, et est largement compensée par la hausse de la production de blé et d’orge. D’après la FAO, cette hausse de l’offre en céréales devrait être compensée par une hausse de leur utilisation, ce qui assurerait la stabilité des marchés internationaux[12]. Toutefois, le risque existe que cette moisson record se traduise par une baisse du cours des céréales au niveau mondial. Si une telle baisse des prix internationaux était effective, les producteurs européens et français seraient négativement impactés, car la production européenne de céréales est, quant à elle, annoncée en baisse par le Coceral[13]. En mars 2020, la récolte européenne de blé était estimée à 136,5 millions de tonnes, soit 9,2 millions de tonnes de moins qu’en 2019. Ceci est dû, notamment, aux évènements climatiques ayant impacté les cultures (pluies excessives retardant les semis, sécheresse, canicule, gel). Les déficits hydriques des premiers mois de l’année 2020 risquent d’être la cause d’une baisse significative des rendements européens (FAO)[14]. En France, si la pluviométrie du mois de juin 2020 est suffisante, les rendements devraient pouvoir se maintenir à bon niveau. Pour l’instant, les précipitations de mai et juin 2020 semblent avoir redonné de l’élan aux cultures céréalières françaises.

Ainsi, si ces tendances se confirment, l’Union Européenne devrait dès à présent anticiper le risque d’une baisse des cours mondiaux des céréales, notamment par la mise en œuvre d’un prix minimum à l’importation, ceci afin de maintenir le prix des céréales à un niveau stable. Sinon, les agriculteurs européens se retrouveront dans la même situation qu’en 2016, avec des conditions climatiques défavorables au printemps avaient fait chuter les rendements céréales d’environ 30%, dans le contexte d’une production record et de stocks importants au niveau mondial. Sans des mesures de régulation des marchés, l’Union Européenne sera contrainte, une fois encore, de gérer une crise agricole à courte vue en débloquant des fonds publics d’aide conjoncturelle.

Conclusion provisoire

Si une telle pandémie ne pouvait être prédite avec précision, il est toutefois remarquable que ses conséquences sur notre système alimentaire sont exacerbées par des fragilités internes à ce système, c’est-à-dire des fragilités structurelles. Ces fragilités sont, depuis deux décennies au moins régulièrement mises au jour par des crises sectorielles : flambée des prix en 2007, crises de l’élevage 2015-2016 et crise des céréales en 2016. Une première analyse nous permet de nous rendre compte que cette crise sanitaire peut en cacher d’autres, notamment des crises liées au dérèglement climatique. Nous avons souffert, face à cette pandémie, d’un manque d’anticipation des responsables politiques. Apprenons de cette erreur. Nous devrons rapidement tirer les conséquences de cette crise sanitaire devenue crise globale, notamment dans l’objectif majeur de sécuriser notre système alimentaire face aux risques financiers, économiques et écologiques croissants. Ces réflexions feront l’objet de la troisième partie de cette note.


[1] INSEE

[2] https://agriculture.gouv.fr/actifagri-transformations-des-emplois-et-des-activites-en-agriculture-analyse-ndeg145

[3] https://journals.openedition.org/aof/7892#bibliography

[4] https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/le_pnlti_2016-2018_bilan_intermediaire.pdf

[5] INSEE

[6] https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/dt-rec-emploi-saisonnier-final.pdf

[7] http://www.web-agri.fr/observatoire_marches/article/coronavirus-bouscule-l-equilibre-des-marches-viande-bovine-1929-168184.html

[8] Fédération Nationale Bovine

[9] http://www.web-agri.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/les-eleveurs-appeles-a-suspendre-leurs-ventes-fnb-1145-168279.html

[10] http://www.senat.fr/rap/r18-528/r18-5281.pdf

[11] http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/cereales-en-2020-deuxieme-plus-grosse-recolte-jamais-enregistree-1,11,4180275297.html

[12] http://www.fao.org/worldfoodsituation/csdb/fr

[13] Comité du Commerce des céréales, aliments du bétail, oléagineux, huile d’olive, huiles et graisses et agrofournitures

[14] http://www.fao.org/3/ca8032fr/ca8032fr.pdf

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